{"id":15083,"date":"2026-06-08T17:41:12","date_gmt":"2026-06-08T14:41:12","guid":{"rendered":"https:\/\/landscapesfuture.org\/de-la-plateforme-a-la-politique-institutionnaliser-la-gestion-du-paysage-en-bolivie\/"},"modified":"2026-06-15T17:59:13","modified_gmt":"2026-06-15T14:59:13","slug":"de-la-plateforme-a-la-politique-institutionnaliser-la-gestion-du-paysage-en-bolivie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/landscapesfuture.org\/fr\/de-la-plateforme-a-la-politique-institutionnaliser-la-gestion-du-paysage-en-bolivie\/","title":{"rendered":"De la plateforme \u00e0 la politique : institutionnaliser la gestion du paysage en Bolivie"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image alignwide size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"522\" src=\"https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/2-full.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-14909\" srcset=\"https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/2-full.jpg 800w, https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/2-full-300x196.jpg 300w, https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/2-full-768x501.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><br\/><\/figcaption><\/figure>\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-b626780d5c06ef2d0280f7999602c210\" style=\"color:#858282\"><strong>Par Peter Cronkleton, Natalia Cisneros et Dominique le Roux (CIFOR-ICRAF) et Miriam Seemann (GIZ)<\/strong><\/p>\n\n<p>Le projet \u00ab Paisajes Resilientes \u00bb, men\u00e9 dans les bassins versants des fleuves Paragu\u00e1, San Mart\u00edn et Zapoc\u00f3, s\u2019est appuy\u00e9 sur les d\u00e9fis communs li\u00e9s \u00e0 l\u2019eau pour rassembler les communaut\u00e9s autochtones, les agriculteurs migrants, les \u00e9leveurs, les municipalit\u00e9s et les autorit\u00e9s d\u00e9partementales autour d\u2019une gestion coordonn\u00e9e du paysage.<\/p>\n\n<p>Cette initiative a permis de renforcer les comit\u00e9s de gestion des sous-bassins versants existants, qui sont devenus des plateformes de dialogue, de planification conjointe et de r\u00e9solution collective des probl\u00e8mes. Gr\u00e2ce \u00e0 ces espaces, les parties prenantes ont pu concilier des priorit\u00e9s concurrentes en mati\u00e8re d\u2019utilisation des terres tout en identifiant des r\u00e9ponses concr\u00e8tes \u00e0 la p\u00e9nurie d\u2019eau, \u00e0 la variabilit\u00e9 climatique et \u00e0 la d\u00e9gradation des \u00e9cosyst\u00e8mes. La gestion des bassins versants a contribu\u00e9 \u00e0 harmoniser les int\u00e9r\u00eats entre les diff\u00e9rents secteurs, en associant les connaissances locales \u00e0 des approches techniques telles que l\u2019adaptation fond\u00e9e sur les \u00e9cosyst\u00e8mes, l\u2019agroforesterie et l\u2019am\u00e9lioration de la gestion de l\u2019eau dans les syst\u00e8mes de production.  <\/p>\n\n<p>Au fil du temps, ces plateformes collaboratives ont \u00e9volu\u00e9 au-del\u00e0 de la simple coordination. Des syst\u00e8mes de suivi participatif, des plateformes de donn\u00e9es partag\u00e9es et des outils de planification r\u00e9gionale ont permis de traduire ce dialogue en dispositifs de gouvernance formels, int\u00e9gr\u00e9s aux politiques municipales et d\u00e9partementales. Des m\u00e9canismes financiers soutenant la production durable ont permis d\u2019aligner davantage les incitations \u00e9conomiques sur les objectifs \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du paysage.  <\/p>\n\n<p>L&rsquo;exp\u00e9rience men\u00e9e dans la Chiquitan\u00eda montre comment la GIP peut \u00e9voluer d&rsquo;une collaboration ax\u00e9e sur des projets vers des cadres institutionnels durables. En utilisant la gestion des bassins versants comme point d\u2019entr\u00e9e concret tout en renfor\u00e7ant les syst\u00e8mes de gouvernance, le projet Paisajes Resilientes \u2013 mis en \u0153uvre par la GIZ et financ\u00e9 par l\u2019Union europ\u00e9enne et le minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral allemand de la Coop\u00e9ration \u00e9conomique et du D\u00e9veloppement (BMZ) \u2013 a contribu\u00e9 \u00e0 transformer des plateformes multipartites en fondements politiques durables pour la r\u00e9silience des paysages <\/p>\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">A propos du paysage<\/h2>\n\n<p>Le paysage s&rsquo;\u00e9tend de la for\u00eat aride de Chiquitano, la plus grande de ce type au monde, jusqu&rsquo;aux for\u00eats humides amazoniennes au nord. Cette r\u00e9gion fournit des services \u00e9cosyst\u00e9miques essentiels, notamment la r\u00e9gulation de l&rsquo;eau, le stockage du carbone et la conservation de la biodiversit\u00e9, tout en assurant les moyens de subsistance des populations qui y vivent. Il s\u2019agit d\u2019une zone importante impliquant de multiples parties prenantes, o\u00f9 les for\u00eats, les ressources en eau et des communaut\u00e9s diverses sont \u00e9troitement interconnect\u00e9es. La r\u00e9gion est toutefois confront\u00e9e \u00e0 des d\u00e9fis urgents, notamment une d\u00e9forestation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, une p\u00e9nurie d\u2019eau et des pressions concurrentes sur l\u2019utilisation des terres dues \u00e0 une agriculture non durable (en particulier la production de soja), \u00e0 l\u2019\u00e9levage et \u00e0 l\u2019exploitation foresti\u00e8re ill\u00e9gale. Le paysage est particuli\u00e8rement vuln\u00e9rable aux feux de for\u00eat. La fragmentation de la gouvernance et la diversit\u00e9 des int\u00e9r\u00eats \u2013 \u00e9conomiques, culturels et environnementaux \u2013 restent des obstacles majeurs aux efforts visant \u00e0 promouvoir la durabilit\u00e9 \u00e0 long terme. Ces pressions nuisent \u00e0 la capacit\u00e9 de r\u00e9gulation des \u00e9cosyst\u00e8mes et ont de graves cons\u00e9quences socio-\u00e9conomiques pour les familles autochtones et les petits producteurs, qui se caract\u00e9risent par des taux de pauvret\u00e9 \u00e9lev\u00e9s et un acc\u00e8s limit\u00e9 aux services de base.        <\/p>\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les dimensions de la GIP dans le paysage \u00ab Paisajes Resilientes \u00bb<\/h3>\n\n<p>La GIP est un processus qui favorise la durabilit\u00e9 et la r\u00e9silience des paysages gr\u00e2ce \u00e0 des strat\u00e9gies adaptatives, inclusives et int\u00e9gratrices. Les approches de la GIP r\u00e9pondent aux d\u00e9fis pos\u00e9s par une gestion fragment\u00e9e des ressources naturelles, caract\u00e9ris\u00e9e par des priorit\u00e9s divergentes entre les parties prenantes, une coordination insuffisante entre les secteurs et un chevauchement des comp\u00e9tences, ce qui entra\u00eene des cons\u00e9quences impr\u00e9vues sur l&rsquo;ensemble des \u00e9cosyst\u00e8mes. Dans cette approche, les paysages sont consid\u00e9r\u00e9s comme des syst\u00e8mes socio-\u00e9cologiques o\u00f9 l\u2019int\u00e9gration des processus humains et environnementaux est cruciale pour la durabilit\u00e9 \u00e0 long terme.  <\/p>\n\n<p>La GIP efficace peut \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9e selon six dimensions :<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>identification et mobilisation des parties prenantes ; <\/li>\n\n\n\n<li>la promotion de processus multipartites ; <\/li>\n\n\n\n<li>\u00e9laboration d&rsquo;une vision commune du paysage ; <\/li>\n\n\n\n<li>institutionnalisation des m\u00e9canismes de gouvernance ; <\/li>\n\n\n\n<li>une gestion adaptative et it\u00e9rative ; et <\/li>\n\n\n\n<li>l&rsquo;\u00e9laboration de solutions techniques et politiques adapt\u00e9es au contexte.<\/li>\n<\/ul>\n\n<p>Cette \u00e9tude de cas examine chacune de ces dimensions, bien que la sixi\u00e8me \u2013 l&rsquo;adaptation des solutions aux besoins locaux \u2013 ne soit pas trait\u00e9e s\u00e9par\u00e9ment, car elle est int\u00e9gr\u00e9e dans l&rsquo;ensemble de la description des actions et des strat\u00e9gies du projet.  <\/p>\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<figure class=\"wp-block-image size-thumbnail\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Picture-2-150x150.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-9508\" srcset=\"https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Picture-2-150x150.png 150w, https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Picture-2-300x300.png 300w, https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Picture-2.png 394w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/figure>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Identification des parties prenantes <\/h3>\n\n<p>Le projet \u00ab Paisajes Resilientes \u00bb a adopt\u00e9 la m\u00e9thode Capacity WORKS pour l&rsquo;identification des parties prenantes \u2013 un outil syst\u00e9matique qui classe ces derni\u00e8res selon des crit\u00e8res essentiels tels que leur influence, leurs int\u00e9r\u00eats et leurs interactions au sein du paysage. Cette approche a permis au projet d\u2019aller au-del\u00e0 de la simple identification des parties prenantes pour mettre \u00e9galement en lumi\u00e8re les priorit\u00e9s de chacune, les liens complexes et les relations institutionnelles entre les groupes, ainsi que les sources de tension entre eux. <\/p>\n\n<p>En raison du syst\u00e8me de d\u00e9centralisation du gouvernement bolivien, les municipalit\u00e9s de San Ignacio de Velasco et de Concepci\u00f3n, le gouvernement d\u00e9partemental de Santa Cruz et le gouvernement national ont tous jou\u00e9 un r\u00f4le actif dans la gouvernance du paysage. Bien que leurs responsabilit\u00e9s s\u2019inscrivent dans une hi\u00e9rarchie imbriqu\u00e9e, des tensions ont persist\u00e9 entre les juridictions locales et nationales en raison de visions contradictoires, de chevauchements de mandats et de priorit\u00e9s divergentes.   <\/p>\n\n<p>Le projet \u00ab Paisajes Resilientes \u00bb a identifi\u00e9 les petits agriculteurs issus d\u2019environ 80 communaut\u00e9s, comprenant \u00e0 la fois des populations autochtones et migrantes, comme des parties prenantes cl\u00e9s. Les peuples autochtones, compos\u00e9s des communaut\u00e9s Chiquitano, Guarayo et Guarasugw\u00e9, \u00e9taient les occupants originels de ces territoires et entretenaient des liens culturels profonds ainsi que des savoirs traditionnels essentiels \u00e0 la gestion des ressources en eau et foresti\u00e8res. Les communaut\u00e9s migrantes, commun\u00e9ment appel\u00e9es communaut\u00e9s \u00ab interculturelles \u00bb, \u00e9taient constitu\u00e9es de colons d\u2019origines ethniques diverses venus des hautes terres, attir\u00e9s par les programmes de r\u00e9installation lanc\u00e9s par le gouvernement national afin de peupler les terres foresti\u00e8res publiques jug\u00e9es propices \u00e0 la colonisation. Les strat\u00e9gies agricoles des migrants ont entra\u00een\u00e9 une d\u00e9forestation incontr\u00f4l\u00e9e qui a perturb\u00e9 le paysage forestier. Les conflits territoriaux provoqu\u00e9s par la migration refl\u00e8tent le contexte politique fortement polaris\u00e9 en Bolivie.    <\/p>\n\n<p>Parmi les autres acteurs du secteur agricole identifi\u00e9s comme responsables de pressions \u00e9conomiques et de la surexploitation des ressources figuraient les \u00e9leveurs et les industries agroalimentaires. Les \u00e9leveurs de taille moyenne et les petits \u00e9leveurs se sont montr\u00e9s ouverts \u00e0 une collaboration avec le projet Paisajes Resilientes, mais certains grands \u00e9leveurs de b\u00e9tail et certaines agro-industries (par exemple, les producteurs de soja) se sont heurt\u00e9s \u00e0 d\u2019autres parties prenantes et ont refus\u00e9 de se joindre aux initiatives de Paisajes Resilientes. Les plus grands \u00e9leveurs, qui disposaient d\u2019un pouvoir \u00e9conomique important et de relations politiques, agissaient souvent sans consulter les autorit\u00e9s locales ou les autres parties prenantes. Leur utilisation extensive des terres constituait un facteur majeur de d\u00e9forestation et de d\u00e9gradation du paysage, notamment lorsqu\u2019ils modifiaient le cours des affluents dans le bassin versant pour cr\u00e9er de petits r\u00e9servoirs destin\u00e9s \u00e0 leur b\u00e9tail, ce qui affectait la disponibilit\u00e9 des eaux de surface en aval.   <\/p>\n\n<p>L&rsquo;analyse des parties prenantes a mis en \u00e9vidence des lacunes et des opportunit\u00e9s majeures, notamment le fait que les femmes \u00e9taient absentes des processus d\u00e9cisionnels, malgr\u00e9 leur r\u00f4le essentiel dans la production des m\u00e9nages et la gestion des ressources. En cons\u00e9quence, le projet a donn\u00e9 la priorit\u00e9 aux femmes afin de garantir que leur voix et leurs contributions soient reconnues. De plus, la fragmentation des structures de gouvernance constituait un obstacle \u00e0 la gestion efficace des ressources partag\u00e9es, les tensions entre les gouvernements locaux et nationaux ainsi que le chevauchement des mandats entravant la coordination des efforts. L\u2019analyse a mis en \u00e9vidence des conflits \u00e9mergents entre les populations autochtones traditionnelles et les nouveaux colons, en particulier ceux impliqu\u00e9s dans l\u2019agriculture extensive et l\u2019\u00e9levage bovin. Ces tensions refl\u00e9taient un contexte politique polaris\u00e9, o\u00f9 des pratiques d\u2019utilisation des terres contradictoires remettaient en cause les syst\u00e8mes de gestion traditionnels.    <\/p>\n\n<div style=\"height:51px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"120\" height=\"120\" src=\"https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/LFF-icon-multistakeholder-fora-120px.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14890\"\/><\/figure>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Processus multipartites <\/h3>\n\n<p>En mobilisant des parties prenantes issues de diff\u00e9rents secteurs et \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9chelles, les plateformes multipartites (MSP) ont favoris\u00e9 l&rsquo;harmonisation des objectifs et l&rsquo;\u00e9laboration de strat\u00e9gies communes parmi les participants, \u00e9l\u00e9ments essentiels \u00e0 une gestion durable des terres et des ressources dans des contextes sociopolitiques complexes.<\/p>\n\n<p>Compte tenu des conflits territoriaux, de la fragmentation de la gouvernance et des pressions \u00e9conomiques qui p\u00e8sent sur le paysage de la Chiquitan\u00eda, la cr\u00e9ation de zones de protection de l\u2019espace (MSP) pourrait favoriser le dialogue et la coop\u00e9ration entre les diff\u00e9rents acteurs, y compris ceux dont les int\u00e9r\u00eats sont contradictoires. Cependant, l\u2019\u00e9tendue du paysage et le manque d\u2019infrastructures ont rendu difficile l\u2019engagement des parties prenantes dans des processus collectifs. Au total, les bassins versants couvrent 61 034 km\u00b2 ; afin de faciliter la gestion de cet immense territoire, le projet a subdivis\u00e9 les trois bassins versants (Paragu\u00e1, San Mart\u00edn et Zapoc\u00f3) en huit sous-bassins versants plus petits. Au sein de ces sous-bassins versants, Paisajes Resilientes a mis en place ou r\u00e9activ\u00e9 huit comit\u00e9s de gestion au niveau des sous-bassins versants, en s\u2019appuyant sur les structures de gouvernance locales. Ces comit\u00e9s comprenaient des communaut\u00e9s rurales, les autorit\u00e9s municipales de San Ignacio de Velasco et de Concepci\u00f3n, des ONG apportant un soutien technique, ainsi que le secteur priv\u00e9, notamment des associations de producteurs sp\u00e9cialis\u00e9es dans l\u2019agriculture, la sylviculture et l\u2019\u00e9levage. Ces comit\u00e9s ont coordonn\u00e9 les efforts visant \u00e0 mettre en \u0153uvre des activit\u00e9s de gestion durable de l\u2019eau et des ressources dans la r\u00e9gion. Cette collaboration multipartite a favoris\u00e9 une prise de d\u00e9cision plus inclusive, la coordination conjointe des instruments de planification et l\u2019int\u00e9gration des connaissances locales aux structures de gouvernance formelles.        <\/p>\n\n<p>Par ailleurs, le projet \u00ab Paisajes Resilientes \u00bb a lanc\u00e9 des initiatives de gouvernance participative dans le cadre du programme \u00ab Programa de Gesti\u00f3n de Agua para la Vida \u00bb (Gestion de l\u2019eau pour la vie), qui a jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans la promotion de la gouvernance de l\u2019eau en Chiquitan\u00eda. Ce programme a contribu\u00e9 \u00e0 faciliter la coordination entre les parties prenantes et \u00e0 \u00e9laborer un plan d\u2019action et de financement en mati\u00e8re d\u2019eau et de climat, assorti d\u2019objectifs \u00e0 court, moyen et long terme. Il s\u2019est efforc\u00e9 de concilier les besoins en mati\u00e8re de conservation et de moyens de subsistance, et d\u2019int\u00e9grer les syst\u00e8mes de gouvernance autochtones traditionnels aux approches techniques de conservation afin de renforcer la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019approvisionnement en eau au niveau local.  <\/p>\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"120\" height=\"120\" src=\"https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/LFF-icon-common-vision-120px.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14878\"\/><\/figure>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Vision commune<\/h3>\n\n<p>Pour obtenir des r\u00e9sultats durables en mati\u00e8re de GIP, il convient de commencer par d\u00e9finir une vision commune qui concilie les int\u00e9r\u00eats divers \u2013 et parfois contradictoires \u2013 des principales parties prenantes.  <\/p>\n\n<p>Lorsque le projet \u00ab Paisajes Resilientes \u00bb s&rsquo;est implant\u00e9 dans la r\u00e9gion de la Chiquitan\u00eda, il n&rsquo;existait pas de vision commune explicite \u00e9labor\u00e9e avec l&rsquo;ensemble des parties prenantes pour orienter les processus de la GIP. Il \u00e9tait toutefois \u00e9vident qu&rsquo;une telle vision existait de mani\u00e8re implicite.   <\/p>\n\n<p>L&rsquo;approche \u00ab Paisajes Resilientes \u00bb s&rsquo;est attach\u00e9e \u00e0 d\u00e9finir des objectifs en phase avec les r\u00e9alit\u00e9s locales en mati\u00e8re de gestion durable des ressources et de gouvernance. Au cours de la phase de conception, l\u2019\u00e9quipe du projet a collabor\u00e9 avec des repr\u00e9sentants du gouvernement d\u00e9partemental de Santa Cruz et d\u2019autres parties prenantes afin d\u2019identifier les bassins versants de Paragu\u00e1 et de San Mart\u00edn comme zones prioritaires pour la gestion int\u00e9gr\u00e9e des bassins versants, en raison des impacts des feux de for\u00eat survenus dans la r\u00e9gion de Chiquitan\u00eda en 2019. Au cours des premi\u00e8res \u00e9tapes, les parties prenantes locales ont fait pression pour que le sous-bassin versant de Zapoc\u00f3 soit inclus dans le paysage, car il constituait une source d\u2019eau importante pour les chefs-lieux municipaux. Les int\u00e9r\u00eats communs en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019approvisionnement en eau ont fourni une base implicite \u00e0 une vision commune ancr\u00e9e dans la protection des syst\u00e8mes de connaissances autochtones et du patrimoine culturel, en vue de moyens de subsistance durables pouvant compl\u00e9ter la conservation de la biodiversit\u00e9.   <\/p>\n\n<p>Cette vision place l\u2019eau au c\u0153ur du projet en tant qu\u2019\u00e9l\u00e9ment f\u00e9d\u00e9rateur, refl\u00e9tant ainsi son importance culturelle, \u00e9cologique et \u00e9conomique dans la r\u00e9gion. Comme l\u2019a soulign\u00e9 un repr\u00e9sentant de Paisajes Resilientes : \u00ab L\u2019eau est \u00e0 la fois le fil conducteur et la solution qui unit tous les habitants. \u00bb Le processus de mise en \u0153uvre du projet s\u2019est appuy\u00e9 sur un dialogue et des ateliers int\u00e9grant la cosmovision chiquitano. Le r\u00e9cit a aid\u00e9 les participants \u00e0 illustrer l\u2019interd\u00e9pendance des syst\u00e8mes terrestres et aquatiques. Cet effort collaboratif a abouti \u00e0 un document de vision sign\u00e9 par plus de 200 membres de la communaut\u00e9 et organisations, symbolisant un engagement collectif en faveur d\u2019une gestion durable du paysage. Par la suite, des enqu\u00eates men\u00e9es par Paisajes Resilientes ont montr\u00e9 que 85 % des participants se sentaient plus impliqu\u00e9s dans le projet apr\u00e8s avoir contribu\u00e9 \u00e0 cette vision. Le document a \u00e9t\u00e9 r\u00e9examin\u00e9 lors des r\u00e9unions du comit\u00e9 de gestion afin de r\u00e9pondre aux d\u00e9fis en constante \u00e9volution, garantissant ainsi qu\u2019il reste adapt\u00e9 \u00e0 des probl\u00e8mes tels que les s\u00e9cheresses et les conflits li\u00e9s aux ressources.      <\/p>\n\n<p>Malgr\u00e9 les difficult\u00e9s initiales li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;absence d&rsquo;une vision pr\u00e9d\u00e9finie et explicite, la souplesse du projet a permis \u00e0 cette vision de se dessiner naturellement, soulignant ainsi l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;objectifs ouverts, capables d&rsquo;\u00e9voluer en fonction des besoins de la communaut\u00e9.<\/p>\n\n<div style=\"height:51px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"120\" height=\"120\" src=\"https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/LFF-icon-institutionalisation-120px.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14882\"\/><\/figure>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Institutionnalisation<\/h3>\n\n<p>Pour que les interventions paysag\u00e8res s&rsquo;inscrivent dans la dur\u00e9e, il convient d&rsquo;int\u00e9grer, au sein des institutions et des syst\u00e8mes existants, des processus de planification et de prise de d\u00e9cision efficaces, participatifs, adaptatifs et intersectoriels. Dans la pratique, l&rsquo;institutionnalisation de la GIP peut s&rsquo;av\u00e9rer difficile. <\/p>\n\n<p>Les bassins versants des rivi\u00e8res Paragu\u00e1 et San Mart\u00edn constituent une unit\u00e9 g\u00e9ographique et biophysique reconnue, mais, en tant que paysage, ils ne forment pas une zone administrative ou de gouvernance distincte. Les bassins versants chevauchent plusieurs juridictions et s\u2019\u00e9tendent sur les communes de San Ignacio de Velasco, Concepci\u00f3n, Urubich\u00e1 et San Miguel de Velasco, toutes situ\u00e9es dans le d\u00e9partement de Santa Cruz. Cela cr\u00e9e une mosa\u00efque complexe de juridictions politiques, ce qui complique la gouvernance de ce paysage.    <\/p>\n\n<p>Les zones de conservation et les territoires autochtones, chacun dot\u00e9 d\u2019une r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019utilisation durable, ont renforc\u00e9 la protection des sources d\u2019eau essentielles et int\u00e9gr\u00e9 des mesures de conservation dans les textes l\u00e9gislatifs relatifs \u00e0 la gouvernance locale. Le parc national Noel Kempff Mercado, qui existe depuis des d\u00e9cennies, borde le paysage \u00e0 l\u2019est. Le TCO (type de propri\u00e9t\u00e9 communale autochtone) de Bajo Paragu\u00e1, qui couvre la limite nord du paysage, offre un mod\u00e8le diff\u00e9rent de gouvernance du paysage. Les TCO disposent d\u2019organismes de gouvernance repr\u00e9sentatifs ainsi que de droits et de responsabilit\u00e9s en mati\u00e8re de gestion des ressources naturelles sur leurs territoires. Le processus de mise en place des TCO a institutionnalis\u00e9 les pratiques coutumi\u00e8res en respectant et en int\u00e9grant les syst\u00e8mes de gouvernance autochtones pour la prise de d\u00e9cision locale. Les dirigeants autochtones ont \u00e9tabli des r\u00e8gles traditionnelles d\u2019utilisation des ressources, qui ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9es dans des cadres de gouvernance formels. Cette reconnaissance des savoirs ancestraux a renforc\u00e9 la l\u00e9gitimit\u00e9 des d\u00e9cisions de gouvernance et consolid\u00e9 le lien de la communaut\u00e9 avec les initiatives du projet.      <\/p>\n\n<p>Le projet \u00ab Paisajes Resilientes \u00bb a soutenu l\u2019\u00e9laboration de cadres politiques visant \u00e0 am\u00e9liorer la GIP, notamment le Plan d\u00e9partemental pour la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019eau et le changement climatique du gouvernement de Santa Cruz ainsi que son Plan territorial de d\u00e9veloppement global, qui visent \u00e0 am\u00e9liorer la gestion des bassins versants gr\u00e2ce \u00e0 la collaboration avec les parties prenantes locales. Des zones de conservation assorties de r\u00e9glementations en mati\u00e8re d\u2019utilisation durable ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es, int\u00e9grant ainsi des mesures de conservation dans les structures de gouvernance locales. Les partenariats ont jou\u00e9 un r\u00f4le central dans l\u2019institutionnalisation des efforts du projet.  <\/p>\n\n<p>Afin de faciliter la prise de d\u00e9cision strat\u00e9gique et la gestion des ressources, le projet \u00ab Paisajes Resilientes \u00bb a contribu\u00e9 \u00e0 la mise en place du Syst\u00e8me int\u00e9gr\u00e9 de surveillance environnementale (SIMA) \u2013 une plateforme de donn\u00e9es publiques con\u00e7ue pour favoriser une prise de d\u00e9cision fond\u00e9e sur des donn\u00e9es factuelles en mati\u00e8re de r\u00e9silience climatique, de gestion des ressources naturelles et de r\u00e9duction des risques. Le SIMA est une plateforme de surveillance collaborative et d\u2019aide \u00e0 la d\u00e9cision pour les questions li\u00e9es au changement climatique et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019eau. Il offre une source centralis\u00e9e et librement accessible de donn\u00e9es sur l\u2019eau et l\u2019environnement, permettant d\u2019am\u00e9liorer la planification et la gestion des risques gr\u00e2ce \u00e0 des informations actualis\u00e9es.    <\/p>\n\n<p>SIMA s&rsquo;appuie sur les donn\u00e9es fournies par deux stations m\u00e9t\u00e9orologiques automatis\u00e9es situ\u00e9es dans les bassins de San Mart\u00edn et de Paragu\u00e1 et offre un cadre permettant aux organismes gouvernementaux, aux universit\u00e9s, aux ONG et aux communaut\u00e9s locales de partager des informations relatives aux ressources en eau, \u00e0 la qualit\u00e9 de l&rsquo;eau, aux incendies, \u00e0 la d\u00e9forestation et aux activit\u00e9s de restauration dans les zones touch\u00e9es par les incendies. En impliquant ces diverses parties prenantes, les participants ont veill\u00e9 \u00e0 ce que la plateforme refl\u00e8te les r\u00e9alit\u00e9s territoriales et ont jet\u00e9 des bases solides pour une appropriation \u00e0 long terme. Le SIMA a encore \u00e9volu\u00e9 avec la mise en place d\u2019un r\u00e9seau de surveillance participatif, qui recueille des donn\u00e9es locales sur l\u2019\u00e9tat des eaux souterraines et de surface, ainsi que des informations hydrom\u00e9t\u00e9orologiques. Ces donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par la communaut\u00e9 renforcent l\u2019appropriation locale et am\u00e9liorent la pr\u00e9cision du syst\u00e8me. Parall\u00e8lement, SIMA a int\u00e9gr\u00e9 un module de surveillance du changement climatique et de la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019eau, con\u00e7u pour renforcer les conditions propices au financement climatique. En alignant la collecte de donn\u00e9es sur les exigences des engagements climatiques nationaux et des processus de planification municipale, la plateforme contribue \u00e0 une meilleure gestion des risques et ouvre la voie \u00e0 de nouveaux investissements en mati\u00e8re de r\u00e9silience.     <\/p>\n\n<p>Une fois op\u00e9rationnel, Paisajes Resilientes a transf\u00e9r\u00e9 le SIMA au Secr\u00e9tariat au d\u00e9veloppement durable et \u00e0 l\u2019environnement du gouvernement d\u00e9partemental de Santa Cruz. L&rsquo;Universit\u00e9 catholique de Bolivie a cr\u00e9\u00e9 le Centre de recherche pour le d\u00e9veloppement durable de l&rsquo;est de la Bolivie afin qu&rsquo;il serve de bras technique au SIMA. Les municipalit\u00e9s de Concepci\u00f3n et de San Ignacio de Velasco ont adopt\u00e9 des lois sur la conservation de l&rsquo;eau qui reconnaissaient le SIMA comme l&rsquo;outil officiel de gestion de l&rsquo;information.  <\/p>\n\n<p>Le projet \u00ab Paisajes Resilientes \u00bb a \u00e9galement soutenu la cr\u00e9ation de deux m\u00e9canismes financiers destin\u00e9s \u00e0 favoriser la gestion de l&rsquo;eau dans la r\u00e9gion. Le premier, le Fonds pour l&rsquo;eau de la Chiquitan\u00eda, est un partenariat public-priv\u00e9 visant \u00e0 financer des projets li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;eau, tels que des r\u00e9seaux d&rsquo;eau potable et des analyses co\u00fbts-avantages pour les investissements dans les infrastructures. Le second est une ligne de cr\u00e9dit destin\u00e9e \u00e0 la production animale durable et sans d\u00e9forestation, qui soutient des projets pilotes visant \u00e0 tester des strat\u00e9gies de production innovantes pour les exploitations d\u2019\u00e9levage de la r\u00e9gion. Ces deux m\u00e9canismes sont g\u00e9r\u00e9s par la Banque bolivienne de d\u00e9veloppement.    <\/p>\n\n<p>Afin d&rsquo;assurer la p\u00e9rennit\u00e9 de l&rsquo;approche de la GIP, le projet a mis en \u0153uvre des programmes de renforcement des capacit\u00e9s destin\u00e9s aux autorit\u00e9s locales et r\u00e9gionales ainsi qu&rsquo;aux parties prenantes locales. La formation visait \u00e0 renforcer \u00e0 la fois les comp\u00e9tences techniques et les comp\u00e9tences non techniques en mati\u00e8re de planification li\u00e9e \u00e0 la gestion des ressources en eau, \u00e0 la gouvernance de l\u2019eau et \u00e0 l\u2019adaptation au changement climatique. Ces diff\u00e9rents programmes de formation ont permis de renforcer les capacit\u00e9s de plus de 200 acteurs locaux (dont 60 % de femmes), favorisant ainsi l\u2019\u00e9mergence d\u2019une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de dirigeants capables de p\u00e9renniser les processus de gouvernance aux niveaux communautaire et municipal.    <\/p>\n\n<p>Malgr\u00e9 des d\u00e9fis tels que les transitions politiques et le manque de ressources, l&rsquo;int\u00e9gration des strat\u00e9gies de la GIP tout au long de la vie dans les plans municipaux et leur alignement sur les politiques nationales ont renforc\u00e9 la r\u00e9silience, garantissant ainsi la p\u00e9rennit\u00e9 des cadres de gouvernance au-del\u00e0 de la dur\u00e9e du projet.<\/p>\n\n<div style=\"height:51px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"120\" height=\"120\" src=\"https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/LFF-icon-iterative-management-120px.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14886\"\/><\/figure>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Apprentissage et adaptation it\u00e9ratifs<\/h3>\n\n<p>L&rsquo;approche \u00ab Paisajes Resilientes \u00bb, qui consiste \u00e0 diviser le paysage en unit\u00e9s de gestion de sous-bassins versants, a permis au projet de se concentrer sur des zones plus faciles \u00e0 g\u00e9rer tout en conservant une perspective plus large et int\u00e9gr\u00e9e. Les efforts visant \u00e0 am\u00e9liorer la gouvernance se sont concentr\u00e9s sur quatre de ces sous-bassins versants, ce qui a permis de mettre en place des interventions sur mesure refl\u00e9tant les conditions environnementales et sociales locales. Cela a renforc\u00e9 l\u2019engagement des parties prenantes et offert aux participants des occasions d\u2019influencer les processus de gouvernance.    <\/p>\n\n<p>Des boucles de r\u00e9troaction r\u00e9guli\u00e8res et un dialogue constructif au sein des comit\u00e9s de gestion ont permis aux parties prenantes d\u2019\u00e9valuer ensemble les r\u00e9sultats des interventions du projet. Les consultations men\u00e9es par le projet aupr\u00e8s de ces comit\u00e9s ont guid\u00e9 le choix des initiatives, garantissant ainsi qu\u2019elles r\u00e9pondent aux r\u00e9alit\u00e9s locales. Un dialogue continu a permis au projet d\u2019adapter et de d\u00e9ployer \u00e0 plus grande \u00e9chelle les pratiques efficaces, donnant ainsi aux communaut\u00e9s les moyens de s\u2019approprier les solutions et renfor\u00e7ant la confiance dans le processus de gouvernance. Citons par exemple le programme de d\u00e9veloppement du leadership pour la gouvernance communautaire de l\u2019eau, cr\u00e9\u00e9 en r\u00e9ponse \u00e0 des lacunes identifi\u00e9es en mati\u00e8re de capacit\u00e9s. Plus de 120 leaders ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s, dont beaucoup sont ensuite devenus des acteurs actifs de la gouvernance locale. De m\u00eame, un \u00e9change sur le leadership des femmes est pass\u00e9 d\u2019un \u00e9v\u00e9nement unique \u00e0 plusieurs sessions en raison de la demande et de la participation croissantes. Cette mise en avant du leadership des femmes a non seulement autonomis\u00e9 les participantes, mais a \u00e9galement enrichi les processus de gouvernance en favorisant la diversit\u00e9 des perspectives et une prise de d\u00e9cision inclusive.      <\/p>\n\n<p>Le projet a \u00e9galement mis en \u0153uvre cinq initiatives pilotes distinctes visant \u00e0 tester et \u00e0 affiner des mesures d\u2019adaptation fond\u00e9es sur les \u00e9cosyst\u00e8mes, telles que l\u2019introduction de pratiques agro\u00e9cologiques au sein de groupes dirig\u00e9s par des femmes et l\u2019am\u00e9lioration des syst\u00e8mes sylvopastoraux. En collaboration avec les petits et moyens \u00e9leveurs, ils ont explor\u00e9 des pratiques de gestion de l\u2019eau, comme la conception et l\u2019utilisation rationnelle de bassins d\u2019abreuvement pour le b\u00e9tail (<em>\u00ab atajados \u00bb<\/em>). Des m\u00e9canismes financiers alternatifs visant \u00e0 rem\u00e9dier \u00e0 l\u2019acc\u00e8s limit\u00e9 au cr\u00e9dit des \u00e9leveurs (seuls environ 30 % d\u2019entre eux y avaient acc\u00e8s avant ces programmes) ont soutenu ces efforts, qui encouragent les pratiques d\u2019utilisation durable des terres.    <\/p>\n\n<p>Bien que l&rsquo;approche de \u00ab Paisajes Resilientes \u00bb ait rencontr\u00e9 des difficult\u00e9s en raison des changements politiques et des ressources limit\u00e9es, l&rsquo;accent mis par le projet sur l&rsquo;apprentissage continu et les retours d&rsquo;exp\u00e9rience issus de la communaut\u00e9 a permis aux structures de gouvernance de rester r\u00e9silientes et de s&rsquo;adapter aux besoins en constante \u00e9volution.  <\/p>\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusions<\/strong><\/h3>\n\n<p>Le projet \u00ab Paisajes Resilientes \u00bb en Chiquitan\u00eda illustre l\u2019importance d\u2019une analyse initiale des parties prenantes afin de les classer en fonction de leur influence, de leurs int\u00e9r\u00eats et de leurs interactions au sein du paysage. Cela a permis d\u2019identifier d\u00e8s le d\u00e9part des alliances strat\u00e9giques et d\u2019assurer une collaboration continue entre les parties prenantes apr\u00e8s la fin du projet. Par exemple, deux ONG nationales, le CIPCA (Centro de Investigaci\u00f3n y Promoci\u00f3n del Campesinado) et la FCBC (Fundaci\u00f3n para la Conservaci\u00f3n del Bosque Chiquitano), ont continu\u00e9 \u00e0 soutenir des interventions telles que la promotion des syst\u00e8mes agroforestiers.  <\/p>\n\n<p>Les processus multipartites (MSP) r\u00e9unissant divers acteurs issus du secteur priv\u00e9, des organismes publics et de la soci\u00e9t\u00e9 civile ont pos\u00e9 des d\u00e9fis, tant pour concilier des priorit\u00e9s divergentes que pour adopter un langage appropri\u00e9. Dans ce contexte, le secteur priv\u00e9 s\u2019int\u00e9ressait principalement aux questions techniques sp\u00e9cialis\u00e9es et \u00e0 l\u2019analyse co\u00fbts-avantages qui s\u2019y rapportait. Le secteur public cherchait \u00e0 s\u2019aligner sur les objectifs nationaux en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement et de changement climatique. La soci\u00e9t\u00e9 civile et les organisations autochtones cherchaient \u00e0 garantir la s\u00e9curit\u00e9 de leurs droits sur les ressources. Les communaut\u00e9s \u00e9tant des parties prenantes cl\u00e9s, l\u2019approche des processus multipartites a n\u00e9cessit\u00e9 l\u2019adoption d\u2019un langage moins technique, le recours \u00e0 des traducteurs et l\u2019utilisation d\u2019exemples tir\u00e9s de leur vie quotidienne.      <\/p>\n\n<p>Une gouvernance efficace des paysages commence par une collaboration avec les institutions et les pratiques locales existantes, ainsi que par une adaptation aux dynamiques sociales et environnementales en place, plut\u00f4t que par l\u2019imposition de nouvelles structures. Le fait de canaliser les discussions sur la GIP par l\u2019interm\u00e9diaire des comit\u00e9s de gestion des sous-bassins versants a facilit\u00e9 l\u2019interaction et permis de maintenir une attention particuli\u00e8re sur les enjeux pertinents au niveau local. Cette approche a d\u00e9montr\u00e9 l\u2019efficacit\u00e9 du renforcement des structures et des initiatives existantes plut\u00f4t que de la cr\u00e9ation de nouvelles. La facilitation d\u2019un dialogue constructif et de s\u00e9ances r\u00e9guli\u00e8res de retour d\u2019exp\u00e9rience au sein des comit\u00e9s de gestion a en outre encourag\u00e9 l\u2019apprentissage it\u00e9ratif et contribu\u00e9 \u00e0 la planification des activit\u00e9s de gestion. L\u2019approche de renforcement des capacit\u00e9s de Paisajes Resilientes a mis l\u2019accent sur \u00ab l\u2019apprentissage par la pratique \u00bb et l\u2019\u00e9change de connaissances, garantissant ainsi que les interventions de gestion se concentrent sur des questions pertinentes pour les participants \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9chelles et soient mieux adapt\u00e9es aux contextes locaux.    <\/p>\n\n<p>Dans l&rsquo;ensemble, l&rsquo;exp\u00e9rience \u00ab Paisajes Resilientes \u00bb d\u00e9montre que la GIP est particuli\u00e8rement efficace lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;appuie sur les r\u00e9alit\u00e9s locales, s&rsquo;inscrit dans les structures de gouvernance existantes et favorise une collaboration inclusive entre les diff\u00e9rentes parties prenantes. En pla\u00e7ant l\u2019eau au c\u0153ur du projet en tant qu\u2019\u00e9l\u00e9ment f\u00e9d\u00e9rateur, en renfor\u00e7ant les comit\u00e9s de gestion des sous-bassins versants et en favorisant l\u2019apprentissage it\u00e9ratif par le biais de processus participatifs, le projet a am\u00e9lior\u00e9 la coordination, l\u2019\u00e9quit\u00e9 et l\u2019appropriation locale. Ces approches ont non seulement am\u00e9lior\u00e9 la r\u00e9silience et la gouvernance des ressources pendant la mise en \u0153uvre, mais elles ont \u00e9galement cr\u00e9\u00e9 des fondements institutionnels durables, capables de p\u00e9renniser les r\u00e9sultats \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du paysage au-del\u00e0 de la dur\u00e9e de vie du projet.  <\/p>\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que faut-il pour passer du dialogue \u00e0 une gouvernance durable dans des contextes complexes ? 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