{"id":14679,"date":"2026-01-30T20:44:17","date_gmt":"2026-01-30T17:44:17","guid":{"rendered":"https:\/\/landscapesfuture.org\/la-securite-de-leau-en-tant-que-pont-dans-les-hautes-andes-equatoriennes\/"},"modified":"2026-02-05T10:43:55","modified_gmt":"2026-02-05T07:43:55","slug":"la-securite-de-leau-en-tant-que-pont-dans-les-hautes-andes-equatoriennes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/landscapesfuture.org\/fr\/la-securite-de-leau-en-tant-que-pont-dans-les-hautes-andes-equatoriennes\/","title":{"rendered":"La s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;eau en tant que pont dans les hautes Andes \u00e9quatoriennes"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"563\" src=\"https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Screenshot-2026-01-30-at-18.50.17-e1769795277372-1024x563.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14641\" style=\"width:728px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Screenshot-2026-01-30-at-18.50.17-e1769795277372-1024x563.png 1024w, https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Screenshot-2026-01-30-at-18.50.17-e1769795277372-300x165.png 300w, https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Screenshot-2026-01-30-at-18.50.17-e1769795277372-768x422.png 768w, https:\/\/landscapesfuture.org\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Screenshot-2026-01-30-at-18.50.17-e1769795277372.png 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n<div style=\"height:49px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<p><strong>Par Peter Cronkleton, Natalia Cisneros, Valentina Robiglio et Dominique le Roux (CIFOR-ICRAF) ; N\u00e9stor Santiago Luz\u00f3n, Hilda Sof\u00eda Ayala, Pablo Moncayo Silva et Javier Jim\u00e9nez Carrera (FAO Equateur)<\/strong><\/p>\n\n<div style=\"height:49px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><\/h2>\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">En articulant la conservation autour de la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;eau &#8211; vitale pour les m\u00e9nages, l&rsquo;agriculture et la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire &#8211; le projet Paisajes Andinos a pu transformer la conservation d&rsquo;une source de r\u00e9sistance en un point de ralliement pour la coop\u00e9ration. La gouvernance de l&rsquo;eau est devenue l&rsquo;axe qui a reli\u00e9 les communaut\u00e9s indig\u00e8nes, les conseils de l&rsquo;eau, les gouvernements locaux et les minist\u00e8res nationaux, en int\u00e9grant la gestion int\u00e9gr\u00e9e des paysages (GIP) dans la prise de d\u00e9cision quotidienne.<br\/>Ce cas ne concerne pas seulement la protection des \u00e9cosyst\u00e8mes de p\u00e1ramo qui r\u00e9gulent l&rsquo;eau pour des milliers de personnes en aval. Il montre comment la GIP peut fonctionner dans la pratique en alignant la conservation sur les moyens de subsistance, en cr\u00e9ant des espaces de gouvernance o\u00f9 la voix des communaut\u00e9s a du poids et en institutionnalisant les accords pour qu&rsquo;ils perdurent<br\/>au-del\u00e0 des cycles de projet. Il met en \u00e9vidence la fa\u00e7on dont les solutions techniques &#8211; telles qu&rsquo;une nouvelle zone de protection de l&rsquo;eau &#8211;<br\/>ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9es en collaboration avec les parties prenantes locales et soutenues par des cadres juridiques, garantissant \u00e0 la fois la l\u00e9gitimit\u00e9 et<br\/>la viabilit\u00e9 \u00e0 long terme.<br\/>Pour les praticiens, les le\u00e7ons sont claires : partir d&rsquo;une priorit\u00e9 commune, adapter les plans aux r\u00e9alit\u00e9s de la communaut\u00e9,<br\/>et utiliser des espaces de gouvernance dans lesquels les gens ont d\u00e9j\u00e0 confiance. Pour les donateurs, le message est tout aussi puissant : investir dans<br\/>la gouvernance participative de l&rsquo;eau renforce la r\u00e9silience bien au-del\u00e0 de la conservation, en faisant progresser l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des sexes,<br\/>en am\u00e9liorant les \u00e9conomies locales et en cr\u00e9ant des institutions capables de maintenir les r\u00e9sultats longtemps apr\u00e8s la cl\u00f4ture des projets.    <\/p>\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><\/p>\n\n<div style=\"height:49px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">A propos du paysage<\/h2>\n\n<p>Simi\u00e1tug est une paroisse situ\u00e9e dans la province \u00e9quatorienne de Bol\u00edvar, qui abrite un \u00e9cosyst\u00e8me de p\u00e1ramo de haute altitude situ\u00e9 entre 3 200 et 4 200 m au-dessus du niveau de la mer, appr\u00e9ci\u00e9 pour les services \u00e9cosyst\u00e9miques vitaux qu&rsquo;il fournit. Ce p\u00e1ramo joue un r\u00f4le fondamental dans la r\u00e9gulation de l&rsquo;eau, y compris la r\u00e9tention et la filtration de l&rsquo;eau, ce qui est essentiel pour la consommation humaine et les activit\u00e9s agricoles des communaut\u00e9s environnantes et de la partie inf\u00e9rieure du bassin versant. <\/p>\n\n<p>Les bassins versants de Simi\u00e1tug sont cependant des syst\u00e8mes socio-\u00e9cologiques fragiles soumis \u00e0 une pression croissante en raison de pratiques d&rsquo;utilisation des terres non durables et de probl\u00e8mes de gouvernance. Le surp\u00e2turage et l&rsquo;utilisation du feu pour convertir la v\u00e9g\u00e9tation indig\u00e8ne en p\u00e2turages ou en terres agricoles ont entra\u00een\u00e9 le compactage des sols, l&rsquo;\u00e9rosion et la perte de la v\u00e9g\u00e9tation indig\u00e8ne, r\u00e9duisant ainsi la capacit\u00e9 de ces bassins versants \u00e0 r\u00e9guler efficacement les flux d&rsquo;eau. Ces fonctions hydrologiques ont \u00e9t\u00e9 affaiblies par la d\u00e9forestation et le br\u00fblage pour d\u00e9fricher les terres, ce qui a encore r\u00e9duit la disponibilit\u00e9 de l&rsquo;eau pour les communaut\u00e9s en aval.  <\/p>\n\n<p>Dans ce contexte, la gouvernance de l&rsquo;eau est apparue comme une force de liaison pour les efforts de conservation et de gestion durable \u00e0 Simi\u00e1tug. Alors que les initiatives de conservation ant\u00e9rieures se heurtaient \u00e0 une r\u00e9sistance due \u00e0 des priorit\u00e9s concurrentes en mati\u00e8re d&rsquo;utilisation des terres, l&rsquo;alignement des parties prenantes locales et gouvernementales sur la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;eau a favoris\u00e9 la collaboration entre les diff\u00e9rents niveaux de gouvernance et les parties prenantes de la communaut\u00e9. <\/p>\n\n<p>Reconnaissant l&rsquo;opportunit\u00e9 offerte par ce contexte, le projet <a href=\"https:\/\/landscapesfuture.org\/fr\/equateur\/\">Paisajes Andinos<\/a> &#8211; lanc\u00e9 en 2020 et mis en \u0153uvre par la FAO \u00c9quateur avec un financement de l&rsquo;Union europ\u00e9enne &#8211; a choisi Simi\u00e1tug comme l&rsquo;un de ses paysages prioritaires pour appliquer la GIP dans la pratique. En centrant l&rsquo;eau dans son travail territorial, le projet a permis une approche GIP plus coh\u00e9sive, coordonn\u00e9e et ax\u00e9e sur la communaut\u00e9, garantissant que les strat\u00e9gies de conservation \u00e9taient directement li\u00e9es au bien-\u00eatre local. Actif dans 15 paroisses des provinces de Bol\u00edvar, Azuay, Ca\u00f1ar et Pichincha, Paisajes Andinos a travaill\u00e9 \u00e0 la restauration des zones d\u00e9grad\u00e9es, \u00e0 la conservation des \u00e9cosyst\u00e8mes de p\u00e1ramo et au renforcement de la r\u00e9silience des communaut\u00e9s. Le projet a \u00e9galement cherch\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer des pratiques durables dans les syst\u00e8mes de production.   <\/p>\n\n<p>\u00c0 Simi\u00e1tug, le projet a mis l&rsquo;accent sur la promotion de la collaboration entre un large \u00e9ventail de parties prenantes &#8211; y compris les agences gouvernementales, les communaut\u00e9s locales, les universit\u00e9s et les repr\u00e9sentants du secteur priv\u00e9 &#8211; afin de d\u00e9velopper des solutions qui alignent les activit\u00e9s productives sur les objectifs de conservation de l&rsquo;environnement, en particulier en ce qui concerne la production laiti\u00e8re. Cet effort participatif a abouti \u00e0 la cr\u00e9ation de la zone de protection des eaux de Simi\u00e1tug (APH<sup data-fn=\"ec056752-cdd0-4e4e-9350-8666f4b1edfc\" class=\"fn\"><a href=\"#ec056752-cdd0-4e4e-9350-8666f4b1edfc\" id=\"ec056752-cdd0-4e4e-9350-8666f4b1edfc-link\">1<\/a><\/sup>) visant \u00e0 conserver le p\u00e1ramo tout en garantissant la qualit\u00e9 et la quantit\u00e9 d&rsquo;eau n\u00e9cessaire \u00e0 la consommation humaine et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. <\/p>\n\n<p>Le paysage de Simi\u00e1tug est devenu \u00e0 la fois un espace d&rsquo;apprentissage et un point de r\u00e9f\u00e9rence pour le potentiel de la GIP. L&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;un travail commun entre les acteurs territoriaux permet d&rsquo;explorer comment la collaboration, l&rsquo;innovation et la gouvernance \u00e9quitable contribuent \u00e0 fa\u00e7onner un avenir r\u00e9silient pour certains des \u00e9cosyst\u00e8mes andins les plus importants. <\/p>\n\n<div style=\"height:49px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les dimensions de la GIP dans le paysage de Simi\u00e1tug<\/h2>\n\n<p>Dans le paysage de Simi\u00e1tug, le projet Paisajes Andinos a appliqu\u00e9 les principes de la GIP pour concilier les objectifs de conservation avec la production durable et les moyens de subsistance locaux. La GIP est un processus qui consiste \u00e0 utiliser des strat\u00e9gies adaptatives, inclusives et int\u00e9gr\u00e9es pour modifier le comportement des syst\u00e8mes paysagers. D\u00e8s le d\u00e9but du programme Landscapes For Our Future, l&rsquo;\u00e9quipe de la \u00ab\u00a0Composante centrale\u00a0\u00bb du CIFOR-ICRAF a \u00e9labor\u00e9 une typologie de six \u00ab\u00a0dimensions\u00a0\u00bb en tant qu&rsquo;hypoth\u00e8se initiale sur la GIP, susceptible d&rsquo;\u00eatre modifi\u00e9e au fur et \u00e0 mesure de l&rsquo;apprentissage et des projets du programme :  <\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>identification et engagement des parties prenantes<\/li>\n\n\n\n<li>la promotion des processus multipartites<\/li>\n\n\n\n<li>construire une vision commune du paysage<\/li>\n\n\n\n<li>institutionnalisation des m\u00e9canismes de gouvernance<\/li>\n\n\n\n<li>la gestion adaptative et it\u00e9rative<\/li>\n\n\n\n<li>l&rsquo;\u00e9laboration de solutions techniques et politiques adapt\u00e9es au contexte<\/li>\n<\/ul>\n\n<p>Cette \u00e9tude de cas examine chacune de ces dimensions, bien que la sixi\u00e8me &#8211; l&rsquo;adaptation des solutions aux besoins locaux &#8211; ne soit pas abord\u00e9e s\u00e9par\u00e9ment, car elle est int\u00e9gr\u00e9e dans la description des actions et des strat\u00e9gies du projet. Les sections suivantes illustrent la mani\u00e8re dont chacune de ces dimensions a pris forme \u00e0 Simi\u00e1tug, sur la base d&rsquo;une gouvernance participative, d&rsquo;une collaboration interculturelle et d&rsquo;un engagement commun en faveur de la restauration et de la protection de l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me du p\u00e1ramo. <\/p>\n\n<div style=\"height:49px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Identification des parties prenantes<\/h4>\n\n<p>En 2021, le projet Paisajes Andinos a identifi\u00e9 un \u00e9cosyst\u00e8me de p\u00e1ramo menac\u00e9 \u00e0 Simi\u00e1tug comme une priorit\u00e9 pour la conservation et a lanc\u00e9 un processus de consultation participative avec les communaut\u00e9s indig\u00e8nes de cette zone, bas\u00e9 sur les principes du consentement libre, pr\u00e9alable et inform\u00e9 (CLPI), qui a permis d&rsquo;obtenir leur accord pour collaborer au projet. \u00c0 partir de l\u00e0, le projet a men\u00e9 une \u00e9valuation rurale participative et des exercices de cartographie des parties prenantes afin de mieux comprendre le contexte du paysage. Ce processus comprenait des consultations avec les communaut\u00e9s indig\u00e8nes, les associations de producteurs, les commissions locales de l&rsquo;eau, les ONG et les institutions gouvernementales. Il a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l&rsquo;existence d&rsquo;un r\u00e9seau complexe d&rsquo;acteurs interconnect\u00e9s op\u00e9rant \u00e0 plusieurs niveaux et dans plusieurs secteurs.   <\/p>\n\n<p>Apr\u00e8s avoir identifi\u00e9 les principales communaut\u00e9s indig\u00e8nes en tant qu&rsquo;acteurs centraux du paysage, Paisajes Andinos a d&rsquo;abord \u00e9tabli un contact avec 11 communaut\u00e9s Waranka Kichwa situ\u00e9es autour de la zone de p\u00e1ramo prioritaire. Au cours de la mise en \u0153uvre, le projet a touch\u00e9 d&rsquo;autres communaut\u00e9s de la paroisse, pour finalement s&rsquo;engager avec 16 des 17 communaut\u00e9s (une communaut\u00e9 a refus\u00e9 de participer). <\/p>\n\n<p>Les familles de ces communaut\u00e9s s&rsquo;appuient principalement sur des syst\u00e8mes agricoles mixtes, produisant une vari\u00e9t\u00e9 de cultures, notamment des pommes de terre et de l&rsquo;ail, ainsi que de petits troupeaux de vaches laiti\u00e8res. La production de fromage artisanal constitue l&rsquo;une des principales sources de revenus de ces familles. Cependant, les syst\u00e8mes de production traditionnels, qui reposent sur le p\u00e2turage en libert\u00e9, ont contribu\u00e9 \u00e0 la d\u00e9gradation des sols lorsque le p\u00e2turage s&rsquo;est \u00e9tendu aux \u00e9cosyst\u00e8mes sensibles du p\u00e1ramo. Cette situation affecte \u00e0 la fois la disponibilit\u00e9 de l&rsquo;eau et la capacit\u00e9 de r\u00e9cup\u00e9ration de l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me.   <\/p>\n\n<p>Le projet a \u00e9galement mis en \u00e9vidence une augmentation des migrations saisonni\u00e8res, car de nombreux hommes &#8211; en particulier les jeunes g\u00e9n\u00e9rations &#8211; migrent vers les centres urbains ou les grands domaines agricoles pour y trouver du travail saisonnier, laissant aux femmes la responsabilit\u00e9 principale de la gestion du b\u00e9tail et des ressources en eau. Malgr\u00e9 leur r\u00f4le cl\u00e9 dans le maintien de la production agricole et des activit\u00e9s de conservation, les femmes ont souvent \u00e9t\u00e9 confront\u00e9es \u00e0 des obstacles qui limitent leur participation aux processus de prise de d\u00e9cision et leur acc\u00e8s aux ressources. Conscient de ce d\u00e9s\u00e9quilibre, le projet s&rsquo;est efforc\u00e9 de promouvoir le leadership et la participation des femmes.  <\/p>\n\n<p>Chaque communaut\u00e9 autochtone kichwa d\u00e9tient des titres de propri\u00e9t\u00e9 sur des terres communales et maintient des syst\u00e8mes de gouvernance traditionnels par l&rsquo;interm\u00e9diaire de conseils communautaires \u00e9lus. Ces structures constituent la base du processus d\u00e9cisionnel de la communaut\u00e9, mais les r\u00e9sidents sont aussi g\u00e9n\u00e9ralement int\u00e9gr\u00e9s dans des r\u00e9seaux denses d&rsquo;organisations de base en fonction de leurs activit\u00e9s \u00e9conomiques et de leurs int\u00e9r\u00eats. La paroisse compte environ 35 organisations de base, dont des associations de producteurs, des entreprises communautaires d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la production de fromage artisanal, des associations de b\u00e9tail et de produits laitiers, ainsi que des groupes sp\u00e9cialis\u00e9s tels qu&rsquo;une association de femmes artisans disposant de leurs propres coop\u00e9ratives de cr\u00e9dit pour soutenir leur production textile. Deux associations &#8211; Cruzpampa et Verdepampa &#8211; repr\u00e9sentent les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques des producteurs laitiers des communaut\u00e9s.   <\/p>\n\n<p>Les communaut\u00e9s indig\u00e8nes de la r\u00e9gion sont politiquement actives et s&rsquo;organisent avec succ\u00e8s au sein de partis politiques pour d\u00e9fendre leurs int\u00e9r\u00eats. Par exemple, le maire actuel du canton de Guaranda, qui comprend la paroisse de Simi\u00e1tug, est affili\u00e9 au parti politique autochtone national, le Movimiento de Unidad Plurinacional Pachakutik. En outre, la Fondation Runacunapac Yachana (FRY), une organisation indig\u00e8ne de deuxi\u00e8me niveau, joue un r\u00f4le de coordination avec les communaut\u00e9s et leurs organisations de base.  <\/p>\n\n<p>Le projet a identifi\u00e9 deux types d&rsquo;organisations qui jouent un r\u00f4le crucial dans la gouvernance et la gestion de l&rsquo;eau dans le paysage : les conseils de gestion de l&rsquo;eau potable, connus sous le nom de JAAPs<sup data-fn=\"671c017e-f170-4013-b781-1a9f2aa7522c\" class=\"fn\"><a href=\"#671c017e-f170-4013-b781-1a9f2aa7522c\" id=\"671c017e-f170-4013-b781-1a9f2aa7522c-link\">2<\/a><\/sup> et les comit\u00e9s d&rsquo;irrigation et de drainage (JRD)<sup data-fn=\"33141de4-8dba-455d-9663-67b3673544c9\" class=\"fn\"><a href=\"#33141de4-8dba-455d-9663-67b3673544c9\" id=\"33141de4-8dba-455d-9663-67b3673544c9-link\">3<\/a><\/sup>). Le Simi\u00e1tug compte 46 JAAP et 17 JRD, chacun \u00e9tant g\u00e9r\u00e9 par des dirigeants \u00e9lus parmi ses membres. Ces entit\u00e9s op\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle des micro-bassins versants et sont responsables de la gestion des syst\u00e8mes d&rsquo;approvisionnement en eau pour la consommation humaine et l&rsquo;irrigation, de l&rsquo;entretien des infrastructures et de la m\u00e9diation des conflits entre les utilisateurs. Pour avoir acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;eau, les membres doivent contribuer aux travaux communaux, payer des redevances mensuelles et participer aux r\u00e9unions du conseil d&rsquo;administration.   <\/p>\n\n<p>Pour garantir leurs droits sur les ressources en eau, ces organisations demandent des concessions \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat afin d&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;autres parties prenantes, telles que les soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res, d&rsquo;en revendiquer l&rsquo;acc\u00e8s. Le processus d&rsquo;enregistrement des concessions d&rsquo;eau est toutefois compliqu\u00e9, et la plupart d&rsquo;entre elles restent informelles. Cela est d\u00fb en partie \u00e0 la bureaucratie et au fait que les communaut\u00e9s de Simi\u00e1tug doivent se rendre \u00e0 Guayaquil, dans le sud de l&rsquo;\u00c9quateur, pour accomplir les proc\u00e9dures, ce qui implique des d\u00e9lais et des co\u00fbts importants.  <\/p>\n\n<p>La gouvernance \u00e0 Simi\u00e1tug est structur\u00e9e \u00e0 trois niveaux : paroissial, cantonal (municipal) et provincial, par le biais de gouvernements autonomes d\u00e9centralis\u00e9s (GAD).<sup data-fn=\"809587b0-1149-43e6-b49b-bf6f8541ce1a\" class=\"fn\"><a href=\"#809587b0-1149-43e6-b49b-bf6f8541ce1a\" id=\"809587b0-1149-43e6-b49b-bf6f8541ce1a-link\">4<\/a><\/sup>). Les GAD jouent un r\u00f4le cl\u00e9 dans la hi\u00e9rarchie verticale de la gouvernance et dans les interactions inter-juridictionnelles. Le GAD paroissial de Sim\u00e1tug &#8211; le niveau de gouvernement le plus proche des communaut\u00e9s &#8211; organise des r\u00e9unions mensuelles avec les repr\u00e9sentants des communaut\u00e9s. Le GAD municipal de Guaranda &#8211; le niveau juridictionnel qui supervise Simi\u00e1tug &#8211; g\u00e8re les titres de propri\u00e9t\u00e9, le d\u00e9veloppement \u00e9conomique et la politique environnementale. Au niveau provincial, le GAD Bol\u00edvar est responsable de la planification, de la production et de la politique environnementale. Compte tenu de son engagement en faveur de la conservation, le GAD de Bol\u00edvar est consid\u00e9r\u00e9 comme un alli\u00e9 solide par le <em>projet Paisajes Andinos<\/em>.     <\/p>\n\n<p><\/p>\n\n<div style=\"height:49px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Processus plurilat\u00e9raux<\/h4>\n\n<p>Divers processus multipartites soutiennent la mise en \u0153uvre de la GIP en facilitant le dialogue, la coordination et la prise de d\u00e9cision entre les principaux acteurs. Ces processus et espaces sont des m\u00e9canismes essentiels pour combler les lacunes en mati\u00e8re de gouvernance, r\u00e9soudre les conflits li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;utilisation des terres et int\u00e9grer des crit\u00e8res de durabilit\u00e9 \u00e0 long terme dans le paysage. Pour \u00e9laborer une strat\u00e9gie de GIP, le projet Paisajes Andinos a collabor\u00e9 avec les acteurs gouvernementaux \u00e0 plusieurs niveaux, en alignant les actions sur les cadres de planification existants. Ces efforts sont int\u00e9gr\u00e9s dans les structures de gouvernance et contribuent \u00e0 la r\u00e9alisation des objectifs de conservation \u00e0 long terme.   <\/p>\n\n<p>Au niveau provincial, le GAD Bol\u00edvar organise la table ronde intersectorielle sur l&rsquo;eau, la terre et le p\u00e1ramo.<sup data-fn=\"5c25600b-b009-46f2-b3d2-28ea9ac96600\" class=\"fn\"><a href=\"#5c25600b-b009-46f2-b3d2-28ea9ac96600\" id=\"5c25600b-b009-46f2-b3d2-28ea9ac96600-link\">5<\/a><\/sup>cr\u00e9\u00e9e en 2022. Cette plateforme a regroup\u00e9 huit tables rondes techniques auparavant ind\u00e9pendantes &#8211; chacune consacr\u00e9e \u00e0 des th\u00e8mes sp\u00e9cifiques tels que l&rsquo;eau, les p\u00e1ramos, la production et les corridors biologiques &#8211; en une structure unique, plus int\u00e9gr\u00e9e et plus op\u00e9rationnelle. Elle r\u00e9unit des repr\u00e9sentants du GAD de la province de Bol\u00edvar, ainsi que des GAD municipaux et paroissiaux, des minist\u00e8res nationaux (en particulier le MAG et le MAATE), des organisations internationales de coop\u00e9ration non gouvernementale (telles que CONDESAN, GIZ, FPH et FEPP), des universit\u00e9s et des f\u00e9d\u00e9rations et organisations indig\u00e8nes et paysannes. L&rsquo;objectif de la table ronde est de partager des informations sur les projets ou les programmes et de renforcer les synergies entre les parties prenantes gr\u00e2ce \u00e0 une meilleure coordination dans la province de Bol\u00edvar.   <\/p>\n\n<p>Cette table ronde a jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel dans la facilitation d&rsquo;initiatives telles que la formation de brigades de pompiers communautaires \u00e0 Simi\u00e1tug &#8211; une strat\u00e9gie pr\u00e9ventive visant \u00e0 r\u00e9duire les incendies de for\u00eat qui menacent les ressources naturelles et les communaut\u00e9s locales, et \u00e0 y r\u00e9pondre. Cette structure a \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire la duplication des efforts au niveau communautaire en combinant et en alignant les r\u00e9unions et en r\u00e9duisant la fr\u00e9quence des rencontres redondantes. <\/p>\n\n<p>Au niveau de la paroisse, le GAD de la paroisse de Simi\u00e1tug convoque la table ronde intersectorielle de Simi\u00e1tug.<sup data-fn=\"40abc523-b804-4c69-adbe-b0f4f2c6caa9\" class=\"fn\"><a href=\"#40abc523-b804-4c69-adbe-b0f4f2c6caa9\" id=\"40abc523-b804-4c69-adbe-b0f4f2c6caa9-link\">6<\/a><\/sup> Cette plateforme comprend des repr\u00e9sentants des gouvernements municipaux, provinciaux et nationaux, mais elle se concentre principalement sur les aspects suivants<\/p>\n\n<p>sur l&rsquo;amplification des voix locales &#8211; en particulier celles des repr\u00e9sentants du JAAP et des membres de la communaut\u00e9. Plus qu&rsquo;un simple espace de coordination, cette table ronde est devenue le principal m\u00e9canisme de gouvernance intercommunautaire dans le territoire, o\u00f9 les d\u00e9cisions cl\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la gestion des ressources naturelles et au bien-\u00eatre collectif sont discut\u00e9es et approuv\u00e9es. Les r\u00e9unions ont lieu le dernier mercredi de chaque mois et co\u00efncident avec le jour du march\u00e9 dans la capitale de la paroisse, ce qui favorise une plus grande participation. Bien que la plateforme soit convoqu\u00e9e par le GAD de la paroisse, les sessions sont dirig\u00e9es par les JAAP et les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s communautaires, qui d\u00e9tiennent le pouvoir de d\u00e9cision sur ce qui se passe dans leurs territoires.   <\/p>\n\n<p>En outre, dans le cadre des actions promues par la zone de protection des eaux de Simi\u00e1tug (APH), un comit\u00e9 de gestion a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 pour superviser la zone et la mise en \u0153uvre de son plan de gestion. Chacune des 11 communaut\u00e9s de la zone de p\u00e1ramo, ainsi que les JAAP et les JRD, disposent d&rsquo;un repr\u00e9sentant avec droit de vote au sein du comit\u00e9. D&rsquo;autres institutions, telles que le MAG, le MAATE et la FAO, y participent en tant qu&rsquo;observateurs sans droit de vote. Ce comit\u00e9 assure non seulement une large repr\u00e9sentation, mais dirige \u00e9galement la mise en \u0153uvre du plan de gestion technique de l&rsquo;APH, qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 collectivement gr\u00e2ce \u00e0 des diagnostics ruraux participatifs r\u00e9alis\u00e9s avec les communaut\u00e9s locales afin d&rsquo;analyser conjointement l&rsquo;utilisation des terres, l&rsquo;organisation sociale et les pratiques de gestion du p\u00e1ramo. Ce plan sert de feuille de route pour la hi\u00e9rarchisation des projets visant \u00e0 relever les d\u00e9fis territoriaux et guide les d\u00e9cisions strat\u00e9giques prises au sein de cet espace de gouvernance.    <\/p>\n\n<p>Ces m\u00e9canismes ont renforc\u00e9 la collaboration entre les gouvernements locaux, les communaut\u00e9s et les acteurs du secteur priv\u00e9, en int\u00e9grant les principes de la GIP dans les structures de gouvernance locale \u00e0 long terme.<\/p>\n\n<div style=\"height:49px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vision commune<\/h4>\n\n<p>\u00c0 Simi\u00e1tug, la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;eau, tant en termes de qualit\u00e9 que de quantit\u00e9, est apparue comme une priorit\u00e9 commune qui relie les diff\u00e9rents acteurs du paysage. La gouvernance de l&rsquo;eau relie les parties prenantes \u00e0 de multiples niveaux et est devenue un axe central du dialogue multipartite local, servant de base aux efforts de conservation et de production durable. <\/p>\n\n<p>Dans le pass\u00e9, la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;eau n&rsquo;\u00e9tait pas n\u00e9cessairement li\u00e9e \u00e0 la conservation des p\u00e1ramos, car ces \u00e9cosyst\u00e8mes d&rsquo;altitude \u00e9taient souvent consid\u00e9r\u00e9s comme des zones pr\u00e9sentant un potentiel d&rsquo;expansion pour l&rsquo;agriculture et l&rsquo;\u00e9levage. La p\u00e9nurie d&rsquo;eau s&rsquo;\u00e9tant aggrav\u00e9e au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, les perceptions ont chang\u00e9. En se concentrant sur la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;eau, le projet a efficacement int\u00e9gr\u00e9 les priorit\u00e9s de conservation du p\u00e1ramo dans les plates-formes de gouvernance, en les alignant sur les moyens de subsistance locaux.  <\/p>\n\n<p>Bien que cette vision n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 explicitement partag\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9part, le probl\u00e8me croissant et commun\u00e9ment per\u00e7u de la p\u00e9nurie d&rsquo;eau a agi comme une force structurante qui a facilit\u00e9 la coordination institutionnelle, renforc\u00e9 l&rsquo;engagement des parties prenantes et permis la planification de la durabilit\u00e9 \u00e0 long terme. Gr\u00e2ce \u00e0 une collaboration continue, cet alignement implicite a guid\u00e9 la mise en \u0153uvre pratique de la GIP et a contribu\u00e9 \u00e0 fa\u00e7onner les processus de gouvernance en cours. <\/p>\n\n<p>En outre, la FAO \u00c9quateur a formul\u00e9 une vision plus large pour la r\u00e9cup\u00e9ration et la protection des p\u00e1ramos dans l&rsquo;ensemble du bassin des Andes occidentales, centr\u00e9e sur des services tels que la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;eau, la s\u00e9questration du carbone et la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Cette vision promeut \u00e9galement le renforcement de la production agricole et des cha\u00eenes de valeur, conform\u00e9ment aux int\u00e9r\u00eats des divers groupes de parties prenantes. Par exemple, les repr\u00e9sentants des GAD provinciaux et municipaux reconnaissent que les p\u00e1ramos sont d&rsquo;importantes sources d&rsquo;eau potable pour leurs centres urbains.  <\/p>\n\n<p>En cons\u00e9quence, l&rsquo;eau a servi de fil conducteur, unissant les membres des communaut\u00e9s locales, les institutions gouvernementales, les organisations non gouvernementales et le secteur productif. Ces int\u00e9r\u00eats communs ont facilit\u00e9 la collaboration intersectorielle et institutionnelle, faisant de la GIP une approche pratique de la gouvernance inclusive et durable. <\/p>\n\n<div style=\"height:49px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Institutionnalisation<\/h4>\n\n<p>L&rsquo;une des \u00e9tapes les plus importantes de l&rsquo;institutionnalisation de la GIP dans le paysage de Simi\u00e1tug a \u00e9t\u00e9 la cr\u00e9ation de l&rsquo;APH-Simi\u00e1tug &#8211; une r\u00e9alisation rendue possible gr\u00e2ce au projet. Avant le projet, la plupart des communaut\u00e9s vivant autour du p\u00e1ramo avaient d\u00e9j\u00e0 conclu des accords de conservation individuels avec le soutien d&rsquo;ONG telles que la FEPP et la FPH. Ces accords de conservation informels ont permis d&rsquo;initier la protection du p\u00e1ramo au niveau communautaire, mais une reconnaissance officielle par le biais d&rsquo;APH \u00e9tait n\u00e9cessaire pour fournir un soutien juridique, unifier les efforts fragment\u00e9s, renforcer la coordination institutionnelle et assurer une gouvernance \u00e0 long terme, \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du paysage, des ressources en eau et du p\u00e1ramo. Le cadre de l&rsquo;APH a permis de consolider une structure de gouvernance l\u00e9galement reconnue, de d\u00e9limiter officiellement une fronti\u00e8re territoriale autour du p\u00e1ramo, d&rsquo;\u00e9tablir un comit\u00e9 de gestion d\u00e9sign\u00e9 pour une gouvernance participative formelle et d&rsquo;\u00e9laborer un plan de gestion pour la zone.   <\/p>\n\n<p>Une fois approuv\u00e9 par le MAATE, ce plan de gestion apportera une couche suppl\u00e9mentaire d&rsquo;institutionnalisation \u00e0 l&rsquo;APH de Simi\u00e1tug, car il reconna\u00eetra officiellement le r\u00f4le actif des communaut\u00e9s environnantes, des JAAP et des JRD dans la cogestion de la zone. Le plan aligne \u00e9galement les priorit\u00e9s des communaut\u00e9s sur les investissements publics et les plans de d\u00e9veloppement, renfor\u00e7ant ainsi la capacit\u00e9 institutionnelle du territoire \u00e0 soutenir les efforts de restauration du paysage \u00e0 long terme. <\/p>\n\n<p>Plusieurs cadres institutionnels et politiques fournissent des orientations et renforcent cette initiative. Le MAATE garantit la sauvegarde des services \u00e9cosyst\u00e9miques li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;eau gr\u00e2ce \u00e0 des instruments tels que la loi sur les ressources en eau et la d\u00e9limitation des zones prioritaires nationales pour la protection de l&rsquo;eau. En outre, le plan national de gestion int\u00e9gr\u00e9e et globale des ressources en eau dans les bassins fluviaux et les bassins versants de l&rsquo;\u00c9quateur vise \u00e0 garantir l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 des \u00e9cosyst\u00e8mes d&rsquo;eau douce pour les populations qui en d\u00e9pendent. En compl\u00e9ment, le plan national pour la conservation, la restauration et l&rsquo;utilisation durable des p\u00e1ramos renforce l&rsquo;engagement du pays en faveur de la r\u00e9silience des paysages et de la protection des \u00e9cosyst\u00e8mes des hautes Andes.   <\/p>\n\n<p>Pour int\u00e9grer les principes de la GIP dans les structures de gouvernance, Paisajes Andinos a sign\u00e9 des lettres d&rsquo;accord officielles avec les principales institutions partenaires, notamment les GAD des paroisses, des municipalit\u00e9s et des provinces. Ces accords ont jet\u00e9 les bases d&rsquo;une collaboration interinstitutionnelle et d&rsquo;un engagement au-del\u00e0 de la dur\u00e9e de vie du projet, garantissant que les efforts de conservation et de production durable restent actifs au-del\u00e0 de la mise en \u0153uvre directe du projet. Cette institutionnalisation des accords, des plans et des espaces de gouvernance a contribu\u00e9 \u00e0 consolider la gestion int\u00e9gr\u00e9e des paysages en tant qu&rsquo;approche valide, reconnue et reproductible sur le territoire.  <\/p>\n\n<div style=\"height:49px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Apprentissage it\u00e9ratif et adaptatif<\/h4>\n\n<p>\u00c0 Simi\u00e1tug, les processus participatifs ont permis de responsabiliser les acteurs locaux, de renforcer les capacit\u00e9s techniques et de promouvoir des alternatives durables aux pratiques traditionnelles. Ces processus ont permis d&rsquo;ajuster en permanence les strat\u00e9gies de conservation et de production durable, en veillant \u00e0 ce que les interventions \u00e9voluent en fonction des besoins de la communaut\u00e9, des d\u00e9fis contextuels et des nouvelles possibilit\u00e9s. <\/p>\n\n<p>Au d\u00e9part, le projet Paisajes Andinos est arriv\u00e9 \u00e0 Simi\u00e1tug avec un int\u00e9r\u00eat pour la conservation des zones de p\u00e1ramo de la paroisse, mais sans mod\u00e8le de mise en \u0153uvre direct. Les communaut\u00e9s ont exprim\u00e9 leurs inqui\u00e9tudes quant \u00e0 la disponibilit\u00e9 de l&rsquo;eau, ce qui a facilit\u00e9 le dialogue et l&rsquo;acceptation des mesures de conservation. Pour instaurer la confiance et aider les communaut\u00e9s \u00e0 comprendre les diff\u00e9rentes d\u00e9signations de conservation, le projet a pr\u00e9sent\u00e9 un technicien du MAG, qui \u00e9tait \u00e9galement un chef autochtone, ce qui a permis de resserrer les liens.  <\/p>\n\n<p>En outre, le projet a organis\u00e9 des visites d&rsquo;\u00e9change avec d&rsquo;autres communaut\u00e9s qui avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9tabli des zones de conservation et d&rsquo;utilisation durable (ACUS<sup data-fn=\"a0d793a9-4a2e-4063-8702-33c4c73e6849\" class=\"fn\"><a href=\"#a0d793a9-4a2e-4063-8702-33c4c73e6849\" id=\"a0d793a9-4a2e-4063-8702-33c4c73e6849-link\">7<\/a><\/sup>) ou qui avaient une exp\u00e9rience en mati\u00e8re de corridors biologiques, ce qui a permis aux communaut\u00e9s Simi\u00e1tug de mieux comprendre leurs options en mati\u00e8re de conservation de l&rsquo;eau. Apr\u00e8s avoir facilit\u00e9 les \u00e9changes et les ateliers pour \u00e9valuer les diff\u00e9rents m\u00e9canismes juridiques et territoriaux de conservation et de connectivit\u00e9, une d\u00e9cision collective a \u00e9t\u00e9 prise pour \u00e9tablir une zone de protection de l&rsquo;eau (APH), qui a ensuite \u00e9t\u00e9 formalis\u00e9e dans un plan pour \u00e9tablir l&rsquo;APH de Simi\u00e1tug. <\/p>\n\n<p>Au fur et \u00e0 mesure de l&rsquo;avancement du projet, le r\u00f4le des femmes dans la conservation et la production est devenu de plus en plus \u00e9vident, malgr\u00e9 des d\u00e9s\u00e9quilibres persistants dans les responsabilit\u00e9s et la participation \u00e0 la prise de d\u00e9cision &#8211; en particulier en ce qui concerne l&rsquo;\u00e9conomie des m\u00e9nages, la gestion du b\u00e9tail, la gouvernance de l&rsquo;eau et les cha\u00eenes de valeur. Reconnaissant cette r\u00e9alit\u00e9, le projet a ajust\u00e9 son approche en int\u00e9grant des initiatives financi\u00e8res communautaires sensibles au genre qui renforcent l&rsquo;autonomie \u00e9conomique des femmes. La pleine participation des femmes a toutefois continu\u00e9 d&rsquo;\u00eatre affect\u00e9e par leurs obligations en mati\u00e8re de soins.  <\/p>\n\n<p>Bien qu&rsquo;elles aient particip\u00e9 aux espaces de renforcement des capacit\u00e9s, nombre d&rsquo;entre elles n&rsquo;\u00e9taient pas en mesure de s&rsquo;engager pleinement, car elles devaient emmener leurs enfants avec elles. Le projet a donc mis en place des \u00ab\u00a0coins pour enfants\u00a0\u00bb, des espaces s\u00e9curis\u00e9s au sein de chaque atelier o\u00f9 les enfants peuvent s&rsquo;adonner \u00e0 des activit\u00e9s r\u00e9cr\u00e9atives sous la supervision d&rsquo;adultes form\u00e9s, ce qui permet \u00e0 leurs m\u00e8res de participer activement aux formations ou aux r\u00e9unions. <\/p>\n\n<p>Ces adaptations ont permis aux femmes d&rsquo;assumer des r\u00f4les de leadership et de participer de mani\u00e8re significative sans compromettre leurs responsabilit\u00e9s en mati\u00e8re de soins. Le projet a int\u00e9gr\u00e9 une perspective de genre dans la gouvernance de la conservation par le biais d&rsquo;interventions cibl\u00e9es : ateliers de formation adapt\u00e9s aux horaires et aux besoins des femmes, initiatives financi\u00e8res communautaires renfor\u00e7ant l&rsquo;autonomie \u00e9conomique des femmes, incitations et ressources visant \u00e0 am\u00e9liorer la productivit\u00e9 et le bien-\u00eatre. Aujourd&rsquo;hui, les femmes repr\u00e9sentent une part importante des participants au projet (51 %), ce qui t\u00e9moigne de leur r\u00f4le croissant dans la production et les \u00e9conomies locales.  <\/p>\n\n<p>L&rsquo;exp\u00e9rience a \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 remodeler le concept d&rsquo;interventions durables en mati\u00e8re d&rsquo;utilisation des terres. \u00c9tant donn\u00e9 que l&rsquo;\u00e9tablissement de l&rsquo;APH exigeait des \u00e9leveurs qu&rsquo;ils adoptent des pratiques de production plus durables afin de r\u00e9duire la pression sur le p\u00e1ramo, le projet a reconnu la n\u00e9cessit\u00e9 de trouver des alternatives viables. Il a donc introduit des \u00ab\u00a0centres de services\u00a0\u00bb g\u00e9r\u00e9s par la communaut\u00e9 \u00e0 Cruz de Ventanas, Verdepampa et Natawa.  <\/p>\n\n<p>Ces centres fournissent une assistance technique de base aux r\u00e9sidents locaux et vendent des fournitures achet\u00e9es en gros pour les besoins de la communaut\u00e9, am\u00e9liorant ainsi l&rsquo;acc\u00e8s aux ressources cl\u00e9s. En outre, le projet a contribu\u00e9 \u00e0 la formation de coop\u00e9ratives d&rsquo;\u00e9pargne communautaires, qui accordent de petits pr\u00eats \u00e0 leurs membres et fonctionnent comme des outils financiers accessibles dans les zones o\u00f9 les services financiers conventionnels sont absents. Les centres de services et les coop\u00e9ratives d&rsquo;\u00e9pargne communautaires ont fourni un soutien financier et une assistance technique, ce qui a permis de surmonter les obstacles initiaux et de faciliter l&rsquo;adoption de pratiques durables. Ces exemples illustrent comment l&rsquo;apprentissage pr\u00e9coce &#8211; rendu possible par l&rsquo;identification des obstacles sur le terrain, la participation active de la communaut\u00e9 et les \u00e9changes avec d&rsquo;autres exp\u00e9riences &#8211; a conduit \u00e0 la conception de solutions sur mesure qui ont favoris\u00e9 l&rsquo;adoption de pratiques durables.   <\/p>\n\n<div style=\"height:49px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusions<\/h2>\n\n<p>La cr\u00e9ation de la zone de protection de l&rsquo;eau de Simi\u00e1tug (APH) repr\u00e9sente une r\u00e9alisation importante, jetant les bases de la conservation de l&rsquo;eau au profit des acteurs locaux de Simi\u00e1tug et de l&rsquo;ensemble de la province de Bol\u00edvar. Ce processus a \u00e9t\u00e9 mis en place gr\u00e2ce \u00e0 une gouvernance participative, dans laquelle les communaut\u00e9s locales ont jou\u00e9 un r\u00f4le central dans la prise de d\u00e9cision et la d\u00e9finition des priorit\u00e9s en mati\u00e8re de conservation. <\/p>\n\n<p>En appliquant une approche GIP, l&rsquo;initiative a r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9quilibrer la conservation de l&rsquo;eau et l&rsquo;utilisation durable des terres, en int\u00e9grant les activit\u00e9s de production et de conservation pour maintenir les services \u00e9cosyst\u00e9miques essentiels. Ces services comprennent la protection des bassins versants, la r\u00e9gulation du cycle hydrologique et la conservation de la biodiversit\u00e9, garantissant ainsi la qualit\u00e9 et la disponibilit\u00e9 de l&rsquo;eau pour les communaut\u00e9s locales. <\/p>\n\n<p>L&rsquo;int\u00e9gration d&rsquo;une perspective de genre dans la gestion des paysages a renforc\u00e9 \u00e0 la fois l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 sociale et les r\u00e9sultats en mati\u00e8re de durabilit\u00e9. La reconnaissance et la valorisation de la contribution des femmes \u00e0 Simi\u00e1tug ont \u00e9t\u00e9 essentielles au succ\u00e8s continu de son APH. <\/p>\n\n<p>La participation active de partenaires cl\u00e9s, notamment la FAO et le GAD provincial de Bol\u00edvar, a \u00e9t\u00e9 cruciale pour soutenir les m\u00e9canismes de gouvernance qui int\u00e8grent le leadership communautaire dans la gestion des ressources naturelles, garantissant ainsi la durabilit\u00e9 \u00e0 long terme du processus.<\/p>\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<ol class=\"wp-block-footnotes\"><li id=\"ec056752-cdd0-4e4e-9350-8666f4b1edfc\">\u00c1rea de Protecci\u00f3n H\u00eddrica-Simi\u00e1tug <a href=\"#ec056752-cdd0-4e4e-9350-8666f4b1edfc-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 1\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"671c017e-f170-4013-b781-1a9f2aa7522c\">Juntas Administradoras de Agua Potable <a href=\"#671c017e-f170-4013-b781-1a9f2aa7522c-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 2\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"33141de4-8dba-455d-9663-67b3673544c9\">Juntas de Riego y Drenaje <a href=\"#33141de4-8dba-455d-9663-67b3673544c9-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 3\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"809587b0-1149-43e6-b49b-bf6f8541ce1a\">Gobiernos Aut\u00f3nomos Descentralizados (gouvernements autonomes d\u00e9centralis\u00e9s) <a href=\"#809587b0-1149-43e6-b49b-bf6f8541ce1a-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 4\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"5c25600b-b009-46f2-b3d2-28ea9ac96600\">Mesa Intersectorial del Agua, Suelo y P\u00e1ramo (Mesa intersectorielle de l&rsquo;eau, du sol et du paysage) <a href=\"#5c25600b-b009-46f2-b3d2-28ea9ac96600-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 5\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"40abc523-b804-4c69-adbe-b0f4f2c6caa9\">Mesa Intersectorielle Simi\u00e1tug <a href=\"#40abc523-b804-4c69-adbe-b0f4f2c6caa9-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 6\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"a0d793a9-4a2e-4063-8702-33c4c73e6849\">Zones de conservation et d&rsquo;utilisation durable <a href=\"#a0d793a9-4a2e-4063-8702-33c4c73e6849-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 7\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que faut-il pour rassembler divers acteurs dans des paysages fragiles et contest\u00e9s ? Dans une paroisse de l&rsquo;\u00c9quateur, la r\u00e9ponse s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9e \u00eatre l&rsquo;eau. <\/p>\n","protected":false},"author":19,"featured_media":14638,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"footnotes":"[{\"id\":\"ec056752-cdd0-4e4e-9350-8666f4b1edfc\",\"content\":\"\\u00c1rea de Protecci\\u00f3n H\\u00eddrica-Simi\\u00e1tug\"},{\"id\":\"671c017e-f170-4013-b781-1a9f2aa7522c\",\"content\":\"Juntas Administradoras de Agua Potable\"},{\"id\":\"33141de4-8dba-455d-9663-67b3673544c9\",\"content\":\"Juntas de Riego y Drenaje\"},{\"id\":\"809587b0-1149-43e6-b49b-bf6f8541ce1a\",\"content\":\"Gobiernos Aut\\u00f3nomos Descentralizados (gouvernements autonomes d\\u00e9centralis\\u00e9s)\"},{\"id\":\"5c25600b-b009-46f2-b3d2-28ea9ac96600\",\"content\":\"Mesa Intersectorial del Agua, Suelo y P\\u00e1ramo (Mesa intersectorielle de l'eau, du sol et du paysage)\"},{\"id\":\"40abc523-b804-4c69-adbe-b0f4f2c6caa9\",\"content\":\"Mesa Intersectorielle Simi\\u00e1tug\"},{\"id\":\"a0d793a9-4a2e-4063-8702-33c4c73e6849\",\"content\":\"Zones de conservation et d'utilisation durable\"}]","_links_to":"","_links_to_target":""},"categories":[87,493],"tags":[],"content_type":[],"source_site":[],"class_list":["post-14679","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-publications-fr","category-reflexions-sur-le-terrain"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/landscapesfuture.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14679","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/landscapesfuture.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/landscapesfuture.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/landscapesfuture.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/19"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/landscapesfuture.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14679"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/landscapesfuture.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14679\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14680,"href":"https:\/\/landscapesfuture.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14679\/revisions\/14680"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/landscapesfuture.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/14638"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/landscapesfuture.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14679"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/landscapesfuture.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14679"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/landscapesfuture.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14679"},{"taxonomy":"content_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/landscapesfuture.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/content_type?post=14679"},{"taxonomy":"source_site","embeddable":true,"href":"https:\/\/landscapesfuture.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/source_site?post=14679"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}